Raisons pour lesquelles j’ai adopté le logiciel Obsidian pour ma prise de notes

Raisons pour lesquelles j’ai adopté le logiciel Obsidian

Il n’y a pas très longtemps j’ai adopté la méthode Zettelkasten pour prendre des notes. Concrètement, il s’agit de prendre beaucoup de notes sur des sujets différents, quand on lit un livre ou lorsqu’on travaille un article, etc.

La méthode consiste en des notes prises séparément, ajoutées au fil du temps lorsque des événements, réflexions ou remarques surviennent, ou lorsque de nouvelles connaissances sont acquises. Les notes sont organisées de façon hiérarchique, de sorte à pouvoir les classer, et contiennent également des métadonnées, permettant de les associer les unes avec les autres. »

– Wikipédia, article « Zettelkasten »

Auparavant, j’étais toujours en quête d’outils pour prendre correctement mes notes et j’ai testé de nombreux logiciels. Aucun n’a jamais été capable de répondre à mes attentes, d’où une part de frustration dans l’outil numérique et un retour à l’écrit dans des carnets physiques (bien que cela m’en coûte à cause de mes problèmes articulaires pour prendre des notes manuscrites). Voici le fil chronologique de mes essais, depuis le début des années 2000.

Le début des années 2000 et la prise de note

J’ai commencé par avoir un ordinateur au début des années 2000 et j’utilisais alors les fameuses notes du bloc-notes de base en plain text (texte brut) ou même WordPad (plus avancé…) proposés par les ordinateurs Windows. Petit à petit, je me suis aussi tournée vers des éditeurs de texte par des balises html, puisque c’était aussi la grande époque des blogs et des sites personnels pour lesquels une connaissance en html et en css s’avérait parfois utile…

J’ai rapidement utilisé des blogs (Blogger, Overblog, WordPress, plus tard Tumblr…) ou des sites (ceux proposés par les fournisseurs internet à l’époque comme Wanadoo par exemple) comme des sortes d’encyclopédie mentale pour capturer mes pensées et mes notes. J’ai aussi été longuement captivée par les forums (grande époque Forumactif et ses RPG) qui permettaient de partager du contenu, ordonné, hiérarchisé avec des permissions allouées par catégorie, etc. J’ai même lancé un forum qui était une sorte d’encyclopédie de partage des connaissances façon Wikipédia (où j’étais la seule membre et administratrice bien entendu…).

C’était donc, et je le réalise maintenant, des solutions web qui m’autorisaient à me connecter n’importe où, de n’importe quelle machine pour consulter mes notes, de mon premier PALM à mon Blackberry jusqu’à mon premier smartphone Android (oui, je sais, je suis une geek).

En 2008, tout a changé, l’horizon internet changeait énormément. Beaucoup de startups commençaient à réfléchir à des solutions de notes en réseaux ou de partages de contenus en réseau. Ainsi on a vu naître les premiers réseaux sociaux et les premiers sites d’avis de masse et puis aussi… Evernote. Une sacrée bestiole, capable d’avaler toutes vos notes et d’en faire de sympathiques carnets, synchronisés, consultables à distance et sans connexion également.

Depuis, les logiciels de prise de notes sont partout. Ils se prétendent tous légers, complets, et même aujourd’hui, ils ont la prétention d’être votre deuxième cerveau et de compenser votre mémoire façon gruyère.

Malheureusement, je cherchais toujours cette application ou ce logiciel de rêve avec lequel je pourrais faire de longues, très longues listes, digressions, commentaires, analyse, le tout bien rangé et classé selon mes propres envies. Car toutes les applications web qui sortaient avaient un problème : elles enregistraient vos notes, vos clips web d’une façon que seul le site web qui les hébergeaient pouvait comprendre et « processer », en gros vous étiez soumis à une manière de penser qui n’était pas la vôtre. Par exemple, Goodreads capture vos lectures et est plutôt centré sur le visuel et sur la note que vous lui donnez, les cites de notations de films sont basés sur la note aussi, etc. Tandis que moi j’avais envie de me concentrer sur le contenu, l’écrit et la créativité = le flot de conscience que cela pouvait produire.

Après avoir abandonné un temps Evernote, essayé l’utilisation exclusive de Microsoft Word (j’ai toujours haï/adoré ce logiciel), j’ai rapidement adopté OneNote avec lequel je pouvais créer de nouveau des carnets, des catégories, des pages, des liens entre les pages, et une prise de notes intenses capable d’ingurgiter images, citations, textes, vidéos, pdf, OCR et notes manuscrites ! Je ne jurais plus que par OneNote. J’ai converti certaines données en fichiers Excel, j’ai utilisé aussi des bases de données… bref… j’ai presque tout essayé, je vous jure. Ah j’ai oublié de vous parler des mes essais en écriture créative.

Oui, là aussi j’ai tout essayé : versions d’essai de Final Draft, Scrivener, logiciel gratuit Celtx (un bijou!!) pour l’écriture de scénario optimisée, ergonomique, modulable, versatile… et également je me suis tournée vers le mindmapping (Xmind principalement, merveilleux !) et le référencement des sources avec prise de notes comme Zotero (outil surpuissant!).

Ensuite j’ai entendu parler du Markdown.

Markdown est un langage de balisage léger créé en 2004 par John Gruber avec l’aide d’Aaron Swartz. Il a été créé dans le but d’offrir une syntaxe facile à lire et à écrire. Un document balisé par Markdown peut être lu en l’état sans donner l’impression d’avoir été balisé ou formaté par des instructions particulières. »

– Wikipédia, article « Markdown »

J’ai vu des témoignages de personnes utilisant Bear, iA Writer, Typora, Zettlr. J’ai commencé à utiliser Zettlr et je l’ai gardé assez longtemps sous le coude pour me concentrer uniquement sur le processus d’écriture académique. J’aime bien les fonctionnalités suivantes : l’horloge pomodoro qui organise des sessions de travail et de pause et vous le rappelle, et puis la hiérarchisation des notes ainsi que le Markdown léger visuellement et la capacité de lier les notes prises entre elles.

Un jour, j’ai même tenté Notion. Bon, ok, Notion pour moi, cela a vite tourné à l’enfer, je vous expliquerai pourquoi dans un billet de blog futur [entre une mention pour un billet de blog futur dans mon agenda].

L’apport de la méthode Zettelkasten à ma pratique avec Obsidian

Or, dans la vie j’ai des problèmes divers lorsqu’il s’agit de l’écriture…

Mes problématiques pour la thèse

J’ai trop de livres et d’articles à lire

Je n’arrive donc pas à traiter toute cette littérature. & J’ai du mal à constituer ma littérature panoramique.

J’ai trop de choses à faire avec des niveaux de complexité variés

Je ne sais pas forcément prioriser. Car je procrastine beaucoup ou je fais des tâches qui me plaisent d’abord et celles qui me plaisent moins sont repoussées.

J’ai beaucoup de données diverses à traiter

Des images, des livres, des fichiers pdf, des documents d’archives, des métadonnées, des textes théoriques, des concepts…

Mes problèmes au quotidien

Je lis des romans, je regarde énormément de vidéo et je ne sais pas retenir correctement les informations que j’ai vues ou lues pour les réinvestir ensuite

Pour cette raison, je suis donc peu active sur mes différents sites et blogs personnels ou professionnels. Je ne retiens pas bien les dates, les titres, les noms… je retiens plus les concepts et les émotions liés.

J’ai découvert alors le logiciel Obsidian. Bien plus sûr, versatile, intéressant, profond que Notion… Je ferai un billet de blog sur Obsidian pour expliquer aux débutant.es [entre ici une mention pour créer une notice Obsidian sur le blog]…

Les solutions avec Zettelkasten dans Obsidian : la création de liens, rétroliens dans la prise de note

Traiter l’information et l’optimiser

En fait, en potassant tout cela, en réfléchissant sur mon mode d’écriture, la manière dont j’ai toujours pris des notes, fait des fiches, je me suis aperçue que ce dont j’avais besoin c’était de quelque chose qui ressemble à :

  • Evernote pour le classement, le traitement des tags (étiquettes), des données et la recherche extensive.
  • A WordPress, à une interface d’écriture de billet de blog avec la capacité de ranger par catégorie, date, sous-sujet et d’utiliser le balisage html.
  • A une base de données, comme Access, Omeka, ou des logiciels de traitement de métadonnées comme Tropy.
  • A un dossier d’ordinateur classé en sous-sous-sous catégories, hiérarchisées, étiquetées, mais réutilisables sur n’importe quel ordinateur ou téléphone, m’appartenant en propre.
  • Et à un Wiki comme wikipédia pour contenir toutes les formes de connaissances possibles de ma petite cervelle de moineau.

Eh bien, figurez-vous que j’ai trouvé tout cela dans Obsidian. Alors je dis alléluia car depuis, j’ai déjà plus de 700 notes dans mon coffre Obsidian (logé sur mon disque dur local personnel et synchronisé via OneDrive).

Mon interface Obsidian, ici pour rédiger le texte de ce billet de blog.

Avec Obsidian, toutes mes notes sont en format Markdown, ‘.md’, donc en texte brut, et sont exportables dans n’importe quel logiciel de Markdown (comme Typora, Zettlr, etc.) ou via des convertisseurs d’extension comme Pandoc, très facile d’utilisation, vers des documents .docx, .pdf, .odt, .html, etc.

Convertir un fichier Markdown avec Pandoc dans Obsidian
Le fichier Markdown .md

Mes écrits sont donc utilisables pour le web, pour une publication sur mon blog comme ici, par exemple, ou copiables et collables dans n’importe quel logiciel de traitement de texte.

Une routine quotidienne avec Obsidian

Par exemple, je prends un article scientifique à analyser.

  1. Je note les métadonnées, les sources, les liens, les concepts clés (sous forme de mots clés). Traçabilité de l’information sélectionnée
  2. Ensuite je référence correctement, je vérifie mon fichier source. Fiabilité de l’information choisie
  3. Puis j’ouvre un modèle de fiche, que je remplis avec le résumé, la thèse principale, les grands questionnements, les concepts, les citations impotantes. Compréhension, déconstruction
  4. Enfin, j’extrais l’information essentielle de l’analyse que je viens d’élaborer en émettant (c’est l’émergence de l’idée) :
    1. Une hypothèse quant à l’utilisation de ces données de l’article dans ma thèse
    2. Ou des réfutations, des contradictions avec d’autres articles que j’ai lus.
  5. Via le système Zettelkasten je peux retrouver toutes mes analyses d’articles précédentes par des concepts clés, des mots clés, des liens et des contradictions. Je peux à travers ce réseau commencer à élaborer une question de recherche et utiliser l’article dans ma phase d’écriture.
  6. Mes fiches d’article sont ensuite utile dans cette phase d’écriture pour vérifier les références.
  7. Le fait de les avoir dans Obsidian, me permet de les garder organisées, classées selon mes intentions d’utilisation, et selon une hiérarchie d’idées qui aura précédé ou suivi sa lecture.

Je vais donc m’exercer à un exemple avec un livre analysé récemment :

Exemple de ma fiche de notes de lecture pour « Visible Empire ». Ici mal classée d’ailleurs puisque cela devrait aller dans # bookreview et non # articlereview

Exemple d’analyse en lien avec d’autres

Récemment, j’ai analysé [[Daniela Bleichmar, 2009 Visible empire]], c’est un ouvrage que j’ai connecté à une autre analyse, cette fois à [[Daniela Bleichmar, 2006 Painting as Exploration]] mais aussi à compte rendu d’ouvrage par la même chercheuse [[Daniela Bleichmar, Brian Ogilvie, 2007 The Science of Describing]]. Les titres de mes fiches font apparaître l’auteure puis la date et enfin le titre, tout simplement pour rendre plus clair au premier coup d’oeil, le contenu de la fiche. C’est donc l’auteure qui prime puis la date à laquelle correspond l’article.

J’ai attribué à cette analyse d’article des étiquettes (tags), comme #colonialhistory et #naturalhistory ce qui permet d’en comprendre rapidement les principaux thèmes. Il me semblait aussi important de commencer à retenir les revues dans lesquelles sont publiés les articles, ainsi que les années de parution.

Dans cette analyse après une première lecture, j’extrais d’abord des citations en prenant soin de toujours noter la page exacte (pour la réutiliser dans ma thèse ou dans un article ensuite). Je peux même avoir des citations « à la manière de » Zotero grâce à un plugin de Zotero dans Obsidian. Les citations sont dans l’ordre d’apparition dans l’article, elles n’ont pas besoin d’être forcément classées par thème car la structure-même de l’article est suffisante dans sa forme académique « présentation de la thèse + questions + argumentation + exemples + conclusion et résultats ».

Dans ce type d’analyse, je prends aussi des notes qui concernent surtout :

  • Des concepts que je devrais aller consulter et examiner de plus près
  • Des questions que cela m’amène à me poser.
  • Des questionnements en rapport aux problématiques de ma thèse
  • Je prends des notes sur la bibliographie également.

Autre exemple dans la vie quotidienne

En ayant connu Notion, je savais que l’application du Markdown et des méthodes de classement par liens comme le Zettelkasten étaient ce qui me convenait le mieux au quotidien. Cependant, Notion est très vite devenu chronophage, trop « esthétique », trop coloré et plus assez minimaliste, voire assez lourd et lent. J’ai rapidement abandonné le calendrier Notion pour revenir à Google Calendar, et j’ai vite abandonné les checklists pour revenir à Microsoft To Do.

Mais Notion me manquait pour la mise en lien et en réseau de toutes mes idées quotidiennes. Par exemple pour la cuisine, j’aime bien savoir ce que je dois préparer dans la semaine, ce qu’il faudra acheter aux courses et ce que j’aimerais préparer un jour grâce à des recettes glanées sur Pinterest. Obsidian répond à mes besoins dans ce cas précis pour ne pas avoir une multitude de notes sur mon application Samsung ou Evernote. Ainsi j’ai rassemblé :

  • une liste de course [[🍲 Liste ingrédients]] et [[🧅🧀🥙 Liste Courses]]
  • une liste des plannings repas
  • une liste des idées de repas préférés [[❤ Favorite Meals]]
  • des recettes dans un dossier Recipes comme [[🍑 Abricots rôtis aux amandes]]
  • et un suivi de ce que je mange pour des raisons diététiques [[🍲 Suivi consommation]]
  • ainsi que des informations nutritives sur des aliments spécifiques commme [[🍎 Pomme]] et [[🥝 Kiwi]]

Toutes ces notes sont reliées entre elles par un réseau de lien sous la forme « [[ … ]] », liens cliquables et trouvables grâce au puissant moteur de recherche interne, visualisables grâce à un graphique comme celui-ci :

Aujourd’hui, je considère Obsidian comme LA solution. Il ressemble à un gigantesque Wiki, une boîte dans des boîtes, bien organisées, qui me permettent de travailler, d’être mon pense bête au quotidien, et de me déconnecter (car Obsidian fonctionne sans réseau en dehors de la synchronisation). Il ne remplace pas cependant les logiciels d’édition de texte complets et de mise en page avancée comme Microsoft Word qui restera le maître en matière de finalisation de thèse…

Je vous laisse, et vous dis à bientôt pour de nouvelles notes sur Obsidian ! Car le chemin est long et pavé d’embûches jusqu’à la fin de la thèse. Bon courage.

Téléchargez Obsidian ici. (Obsidian est gratuit et des tests ont été effectués pour s’assurer qu’aucune information personnelle était extraite des coffres-forts Obsidian pour être réutilisées par les administrateurs et créateurs à des fins commerciales, malgré tout, l’application n’est pas open-source). De nombreux tutoriels et notices explicatives sont disponibles en ligne et la communauté est déjà très très active.

Signé Tassa

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