J’ai lu Antivax de Françoise Salvadori et Laurent-Henri Vignaud

Salut tout le monde ! J’ai lu Antivax, La résistance aux vaccins du XVIIIe siècle à nos jours, de Françoise SALVADORI ; Laurent-Henri VIGNAUD et je vous en laisse ici un très long avis, plutôt positif sur la réflexion que cela m’a amenée à avoir.

Vous trouverez plus d’informations ici. 360 pages. 23 euros. 2019.

Résumé court : « Une enquête sur trois siècles d’oppositions à une révolution médicale, qui éclaire les polémiques actuelles à la lumière des débats du passé. »

Antivax

Mon avis personnel :

Dans ce copieux livre aux éditions Vendémiaire, Françoise Salvadori, docteure en virologie et immunologie et Laurent-Henri Vignaud, maître de conférence en histoire spécialiste de la santé, tous les deux à l’université de Bourgogne explorent de manière objective la tendance anti-vaccin du XVIIIe siècle au XXIe siècle. Bien évidemment, lorsque je dis “objective”, c’est là que réside principalement le problème de ce genre d’ouvrage. On sent bien entendu que l’opinion des auteurs, en tout cas surtout pour la partie XXIe siècle, penche positivement pour la vaccination.
Ceci étant dit, c’est la partie historique qui est passionnante. La question centrale du livre réside dans la « permanence » de certaines croyances sur la potentielle dangerosité du vaccin. Le livre repose sur une étude fine de la littérature panoramique de la fin du XVIIIe siècle à nos jour. Les auteurs prennent ainsi en compte les journaux, les revues, les chroniques, les mémoires, les journaux et carnets, les témoignages divers, des publicités, des placards, des slogans, des pamphlets, des lettres, des comptes rendus, des études cliniques et des rapports.

Les points importants :

Ce que j’ai aimé dans cet ouvrage et ce qu’on en retire principalement c’est que la médecine est imparfaite et l’a toujours été : “La médecine occidentale n’a cessé d’hésiter entre la prévention et la cure. Pour être exact, si les médecins ont toujours promis la guérison, ils n’ont pendant longtemps pas été capables de la garantir, même dans des proportions raisonnables” (p.5). Ce choix drastique et cornélien entre cure et prévention, individuel et collectif, existe depuis l’apparition des premières épidémies et pandémies (et l’on peut donc remonter bien plus loin encore qu’au temps des Lumières). Les premières théories médicales et scientifiques ne sont d’ailleurs pas là pour faciliter l’avis du “peuple” et des médecins récalcitrants. Fondée sur la théorie des humeurs, puis des miasmes, la théorie médicale occidentale ne cesse de s’enliser dans des explications qui ne convainquent pas grand monde.

Aujourd’hui d’ailleurs, cette permanence du doute et de la méfiance se relaie même à travers le temps et les études scientifiques : “La négligence, la méfiance, voire le rejet militant envers les vaccins sont des comportements qui se banalisent. Un premier indice se trouve en consultant PubMed, où les études sur le sujet fleurissent en nombre exceptionnel. […] la recherche par les seuls mots-clés “vaccine refusal” propose une centaine de publications annuelles en 2017 comme en 2016…” (p 9)

Personne n’ignore que tout a commencé, pour le vaccin, par la variole. “La variole est la première maladie combattue par une méthode de vaccination impliquant une réponse immunitaire préventive. Ce mal ravageait les populations, touchant les adultes comme les enfants, et était devenu, depuis la disparition des grandes épidémies pesteuses en Occident, le premier fléau du siècle des Lumières. Environ 10% de la mortalité générale au XVIIIe siècle lui est imputable.” (p.15) Ce fléau est souvent lié, à cette époque, à des croyances religieuses et fondamentales qui exigent de croire au “destin” (si vous mourez, vous mourez, Dieu l’a voulu…). Mais face à l’expansion de la maladie, autant chez les plus pauvres que chez les plus riches, cette doctrine de la prédestination tend à se réduire pour faire apparaître des intérêts plus individuels, que certains religieux qualifieront de purement matérialistes : la volonté de survivre ou de faire vivre ses enfants.

Les premiers « anti-variolisation », méthode apportée par une femme (Lady Montagu) des pays arabes, trouvent donc pour arguments la question de la destinée et de la religion. Petit à petit, et avec la sécularisation du XVIIIe siècle, ces questions se fondent dans les théories philosophiques et éthiques.“En fin de compte, la meilleure preuve que les partisans de l’inoculation sont des “libertins” en médecine reste qu’ils s’adressent, selon leurs contradicteurs, à un public de … libertins ! De médical, l’argument anti devient moral. Le débat est particulièrement vif en France au moment où émerge la question “philosophique”.” (p.23). Ces grandes interrogations, fondamentales pour que le monde avance, font que peu de gens arrivent à trancher entre la question de la théologie, et la question de vie et de la mortalité induite par le virus. L’inoculateur devient à l’époque, du point de vue des “antivax”, un médecin vénal et cynique (p.27). La vaccination entre dans le champ de réflexion de la morale. Même chez ceux et celles qui sont partisans de l’inoculation. Lady Montagu dira ainsi très justement “Cette maladie est trop lucrative pour [les médecins], on risque d’exposer à leur ressentiment le hardi pionnier qui entreprendra d’y mettre fin”. (p. 27), relevant par là que tout cela aller mener peut-être à des soupçons de vénalité, ce qui fait écho à ce que nous vivons aujourd’hui avec les polémiques contre la Big Pharma.

Sujets intéressants à creuser :

Dans cet ouvrage les auteurs nous amènent donc à réfléchir aux “pour” et aux “contre”, et à des concepts qui semblent peu évoqués dans les médias et sur les réseaux sociaux. J’ai relevé des sujets thématiques intéressants qu’il faudrait creuser :

  • L’apport des médias et l’usage des journaux dans la publication de cas de récidive ou de mortalités dus au vaccin (p.29) existaient déjà en 1720. Aujourd’hui tout est décuplé par les journaux télévisés et les réseaux sociaux. Quelle est véritablement la part de responsabilité des médias dans le transferts de théories pro ou anti ? Un point est évoqué vers la fin du livre sur la mauvaise communication (mal-com) de médias ou de gouvernements.
  • L’apport des statistiques. Les statistiques sont souvent décriées par les anti, car jugées déshumanisantes. “Bernouilli s’adresse aux gouvernants, établit une prophylaxie, pense en démographe tandis que ses contradicteurs ciblent le risque individuel et se placent à l’échelle de la famille et d’un point de vue éthique. […] Il établit que le risque est 13 fois supérieur de mourir de variole naturelle plutôt que de variole artificielle. […]“ (p. 31-32). Les statistiques sont pourtant des moyens raisonnés et rationnels d’établir une théorie ou un fait simple, comme Bernouilli le montre. Néanmoins, des statistiques sont toujours manipulables et interprétables en fonction des époques et des sociétés, spécialement lorsqu’il s’agit de penser le collectif ou l’individuel. Les statistiques sont même fréquemment inversées pour couvrir des peurs ancestrales. Par exemple, certaines mères pensent que le vaccin risque de tuer leur enfant, ou de les faire accoucher avant terme, alors même que statistiquement, et même avec seulement 1 an de recul, c’est le COVID qui donne 6 fois plus de risque qu’une femme accouche d’un bébé mort-né.
  • L’apport de la médecine prophylactique est souvent critiquée par les anti-vaccins. En effet, on juge que donner trop de médicaments à un corps humain pour prévenir la maladie ne peut apporter que plus de mal… Ils leur préfèrent des théories “naturalistes” venues parfois d’Inde ou de Chine. Pour autant, ces derniers oublient de voir que les médecines dites “non Occidentales” et « alternatives » sont généralement fondées sur la prophylaxie elles aussi, notamment par les régimes diététiques et l’harmonie apportée dans le foyer, le corps et l’esprit.
  • L’argument xénophobe. Sujet passionnant que je retrouve dans mes études en histoire de la médecine et de l’alimentation. La peur de la chose étrangère, venue d’Angleterre, ou de pays arabes, effraie les plus sceptiques. La xénophobie a toujours été un puissant moteur de dérives.

“La polémique ayant commencé en France, les adversaires du nouveau procédé ont pour premier réflexe de condamner le remède comme étranger, comme on l’avait fait pour l’inoculation “orientale” [arabe]. Le contexte révolutionnaire puis napoléonien est propice à cet argument. Vaume présente le virus de la vaccine comme “étranger à notre espèce, comme à notre pays”. Moulet refuse cette “drogue anglaise” qu’il assimile à une “usurière qui connaît le commerce et l’agiotage anglais et qui ne prête que sur gages”. Chappon souligne que la méthode vient d’“hommes grossiers du Holstein et du Gloucester” (p.49)

  • Les études coloniales et la vaccination coloniale. Un des arguments anti-vaccin (pour lequel je pencherais le plus personnellement) c’est que forcer les gens à se vacciner revient à rappeler les lois de l’esclavage. Dans le passé, des populations esclaves et de pays colonisés ont été vaccinés en masse pour le “bien public” sans réflexion générale autour de l’éthique d’une telle mesure retirant à chacun le droit de jouir de son corps. Cette interrogation est, selon moi, un problème majeur, que l’on voit aujourd’hui ressurgir dans des territoires non métropolitains et ultramarins de France. Aux Etats-Unis, les populations noires américaines sont les plus difficiles à convaincre de se vacciner, notamment par des siècles de racisme interne qui entraînèrent méfiance et haine envers les décisions d’un Etat raciste et colonisateur.

“La politisation du débat engendrée par les lois d’obligation vaccinale rejoint une question plus générale qui obsède les régimes libéraux du XIXe siècle : l’Etat peut-il sans conditions prendre le contrôle du corps des citoyens ? On sait, au moins depuis l’habeas corpus, qu’il n’en est rien, sauf cas de force majeure. Protéger une population contre des maladies graves peut en être un mais, si cela se fait par la contrainte, cela suppose que les citoyens soient dès lors assimilés à des mineurs, incapables de connaître et de rechercher leur propre intérêt. Dans les sociétés occidentales modernes, un tel paternalisme se heurte aux principes de la liberté politique.‘’ (p. 55-56)

Mieux vulgariser et penser l’invisible

Autre sujet abordé par le livre : l’invisible. Ce que l’on ne voit pas, l’on ne peut y croire. Cette phrase pourrait bien illustrer ce qui se passe actuellement avec le COVID19, pourtant elle existe depuis des millénaires. La peur de l’invisible, ou du peu visible, a grandi au XIXe siècle, lorsqu’apparaissent les premières études sur les microbes. Une grande partie des médecins se sont rapidement mis à douter de l’existence des microbes. L’ouvrage traite aussi trop rapidement des problèmes de la vulgarisation. Elle est peu présente même si les médias nous donnent l’impression d’être infantilisante. Or, à la télévision, les débats et les experts, les témoignages des « citoyens 2.0 » (dernier chapitre du livre) ne sont en rien des producteurs de vulgarisation. Avec grande peine, le discours des scientifiques de l’institut Pasteur se commue en charabia incompréhensible parce qu’une chaîne télévisée aura son expert scientifique qui produira le discours inverse de la chaîne concurrente. Dans ce brouhaha, il est difficile de s’y retrouver. Le COVID19, lui, invisible pour bien des individus dont aucun proche n’est mort, devient, selon les auditeurs antivax, un prétexte pour le gouvernement et les spécialistes d’imposer de nouvelles lois liberticides.

Penser l’écologie

Enfin, la dernière question qui m’a intéressée a été la question du “retour à la nature” portée à la fois par des conservateurs radicaux ‘plutôt de droite’ et des écologistes radicaux ‘plutôt de gauche’. Il existe dans le fond un doute viable dans la prise de tout médicament, même si c’est ici le vaccin qui est décrié. Les anti-vaccins mais aussi d’autres groupes pro-vaccins, critiquent en fait le comportement carnacier de gouvernements libéraux alliés aux grandes entreprises pharmaceutiques. Depuis la seconde guerre mondiale, expliquent les deux auteurs du livre Antivax, on voit apparaître des politiques internationales de santé, ce qui finit par faire croire qu’une “grande autorité” cachée nous veut du mal. Ces théories anti-vaccins ou juste anti-gouvernementales, s’acharnent contre l’ultra-libéralisme, à juste titre, et l’ultra-capitalisme/globalisation : en gros contre la marchandisation du corps. (ce qui rejoint quelques théories anti-IVG, j’en ai bien peur…)

Entremêlées, ces théories rendent flou la nécessité de se faire vacciner depuis deux siècles contre des maladies qui concernent beaucoup les populations les plus fragiles (rougeole, VIH, etc.). Il n’y a pas fondamentalement de rupture de classe dans la pensée antivax, – choses que certains sur les réseaux sociaux semblent vouloir démontrer -, pourtant non, comme le disent Salvadori et Vignaud : “Il est vain de chercher à opposer au XIXe siècle une vaccinophobie “populaire” et une vaccinophobie “savante” car l’une et l’autre s’entretiennent mutuellement. Les vaccinophobes les plus déterminés, ceux qui rédigent des pamphlets, ont besoin du refus populaire pour preuve qu’ils raisonnent avec bon sens et certaines idées, comme celle du caractère “dépuratoire” de la variole, se trouvent exprimées aussi bien par des médecins dûment diplômés que par de simples paysans. » (p. 59).

En fait, la question du vaccin est presque indémêlable. Lire cet ouvrage m’a permis de comprendre que je ne serai jamais ni pour ni contre, mais que ce sont des valeurs qui me font juger si la vaccination est juste pour moi et pour les autres au moment où je me pose la question, laissant de côté la rationnalité que l’être humain a tendance à oublier. Ceux et celles qui choisissent de ne pas se vacciner ont leur propre système de valeurs. Là réside donc le souci majeur des gouvernements qui voudraient imposer le vaccin dans les “consciences” (lire la dernière partie du livre). Si certains pensent que le vaccin cause la “décrépitude de l’espèce humaine”, la question est moins posée pour d’autres produits que tout le monde ingère au quotidien (tabac, malbouffe, solvants dans l’environnement dans nos peintures murales, nos draps, polluants volatiles, chlore, etc.)

La vaccination, pour conclure, cristallise tous les maux du siècle. Le COVID19 aussi. Pourtant, le livre montre qu’après la Seconde Guerre mondiale, un pic de vaccination a été constaté : comme une envie de croire en la science et de vouloir vivre ?

L’anti-vaccinisme est-il lié à l’ambiance morose et pessimiste d’un monde qui s’éteint sous les feux, les inondations, la pollution et l’impact humain ? Les preuves que forcer les gens à la vaccination ne fonctionne pas dans l’inconscience des populations (p. 77, 80-81, etc.) sont bien là.
Il y a aussi, je le vois bien, dans les médias, un manque de recul historique (non pas dans les études cliniques, qui sont là depuis des siècles) au sujet de l’évolution des théories médicales et des réussites ou des échecs du vaccin. De la perspective du livre, si on regardait tout cela sur une frise chronologique, le vaccin et l’inoculation ont réduit drastiquement la morbidité des épidémies. Là où une femme voyait 2 de ses enfants mourir sur 4, la mortalité atteint presque zéro au XXIe siècle en France (3.6 décès pour 1000 enfants soit 0,3% de décès). Il s’agit d’une amélioration majeure dans notre vie quotidienne. Mais dans le même temps, les voyages et la circulation des populations facilitée n’a pas amélioré l’arrêt du transfert d’un virus d’un pays à un autre, ce qui vient contredire et fâcher les statistiques.

On peut dire que ce qu’il faut remettre en question, comme le montre Marie-Monique Robin dans La fabrique des pandémies, c’est l’éthique, car les systèmes de valeurs changent au cours du temps et l’impact humain, l’impact de nos actions sur Terre (alimentation, élevage intensif, tourisme, capitalisme, etc.). Il ne sert donc à rien de faire des injonctions morales, – le gouvernement perd à la fois de la crédibilité dans une publicité trop rationnelle et dans une communication trop moralisatrice -, mais il faut penser que chaque individu a sa propre expérience du monde et du corps.
Si le collectif propose de “sacrifier” sa personne pour sauver les autres, les points de vue individualistes naissent partout “je veux protéger mon enfant et ne pas le vacciner”, “je ne vois pas l’utilité du vaccin, je suis sain”, etc. Ces deux points de vue ne sont pas irréconciliables, je l’espère.

“La perception de l’utilité ou de l’inutilité des vaccins par le public est plus simple et directement liée à celle du risque infectieux. La notion de risque est elle-même éminemment subjective mais peut-être objectivée: le danger représenté par la maladie dépend de l’agent pathogène (le bacille tétanique est, par exemple, plus dangereux que le virus de la varicelle) et de l’état particulier de l’individu vacciné (âge, présence d’autres maladies, immunodéficience, etc.). Le public sceptique sur la vaccination minimise fréquemment le risque infectieux, s’appuyant sur l’observation de son cadre de vie proche, ses expériences personnelles ou l’histoire familiale liée à telle maladie, pour tirer des «statistiques » rassurantes.” (p. 241).

Il faut donc comprendre que chacun vit pour ses propres spécificités, maladies, son propre fardeau en quelque sorte, mais qu’il faut tout de même parfois exiger et ressortir le fameux pacte social pour lequel nous vivons tous, en démocratie, aujourd’hui.

“Mais le lien entre politique et vaccination est sans doute encore plus complexe aujourd’hui, car «les vaccins se situent désormais dans un triangle qui unit les États, les sociétés et les organismes internationaux », triangle au centre duquel l’industrie pharmaceutique a une influence indubitable. L’historien de la santé James Colgrove rappelle bien dans son ouvrage sur les politiques vaccinales américaines au XXe siècle qu’une des tensions les plus fortes et durables en santé publique est celle qui met en balance les droits de l’individu et les revendications de la collectivité. Dans le cas de la vaccination, la somme des décisions individuelles a un impact sur la communauté, à la fois directement en termes d’immunisation de groupe pour les vaccins et maladies concernées et donc d’état sanitaire global de la nation – et plus indirectement par les coûts médicaux et sociaux induits par les maladies évitables par la vaccination. L’État doit protéger chaque citoyen en particulier les plus faibles : enfants contre leurs parents, pauvres ou émigrés qui n’auraient pas accès aux vaccins, personnes âgées plus vulnérables – mais doit aussi protéger la collectivité; or tous les vaccins ne sont pas altruistes. Se vacciner est aussi, parfois seulement, un acte de protection individuelle, et il semblerait plus honnête de le reconnaître dans les discours officiels, plutôt que de ne mettre en avant que la protection communautaire.“ (p. 279)

En lisant ce livre, j’ai compris qu’il était moins question de santé dans ce débat que de lutte individu-capitalisme-collectif-communauté. En réfléchissant individuellement, on fonctionne exactement comme le capitalisme a voulu nous modeler.

“Plus on remonte dans le cours de l’histoire, plus l’individu, et par suite l’individu producteur lui aussi, apparaît dans un état de dépendance, membre d’un ensemble plus grand”Karl Marx, Introduction à la Critique de l’économie politique (1859)

Karl Marx expliquait ainsi que la société évolue autour de la notion de propriété privée et que l’on a fait du corps la même chose, poussant l’individu à vivre en société mais à se replier sur soi et à devenir un être capitaliste et antisocial. Si l’on oublie la singularité de chacun en pensant collectif, l’individu, pour Marx, est une forme d’illusion : seul, l’être humain n’est plus rien.
Mais, par nature, nous, animaux politiques (Aristote, La Politique), pensons individuellement en fonction de la société et de ses évolutions. Nous pouvons penser individuellement mais aussi collectivement, en réactualisant sans cesse ce qu’est l’éthique (le “bien”, le “mal”), comme l’a montré Hannah Arendt contre les totalitarismes. Nous vivons peut-être aujourd’hui au quotidien un nouveau genre de totalitarisme, une crise, qu’il faudrait étudier (celui des médias, de l’argent, de l’être humain écrasé par la pollution qu’il crée, etc.). Cela reste à analyser.

Vacciné-es (comme moi), ou pas, nous réagissons tous et toutes contre un système d’idées et contre un modèle économique et éthique qui ne sont plus fiables. L’imbrication complexe entre libertés individuelles et protections sociales et collectives a aujourd’hui explosé. Inlassablement, cet ouvrage me fait penser que nous sommes parvenus à un point étrange de l’histoire. Je me demande comment les futurs historiens et historiennes étudieront notre cas dans deux cents ans. Le choix et la pensée vous appartiennent.

Signé Tassa.

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