Les films d’action avec Marc Wahlberg dedans

Comme je regarde aussi beaucoup de films d’action et pas seulement des comédies, je voulais en parler un peu ici, sur le ton léger de la conversation. Je ne vais pas revenir sur la carrière de l’acteur Mark Wahlberg, il me sert ici simplement de prétexte pour envisager de discuter de sa filmographie et donc de films d’action, de thriller et de comédies d’action.

Certains acteurs américains ont tendance à rester cantonnés à des rôles de gros bras, mais il s’avère que Mark Wahlberg a plus d’un tour dans son sac et on le voit jouer aujourd’hui dans des buddy movies plutôt comiques ainsi que dans quelques films d’auteurs, faisant de lui un acteur plutôt bankable avec plus d’une trentaine de films au compteur depuis les années 1990. Petit tour d’horizon ! Attachez votre ceinture, ça va vrombir !

Si je voulais en parler, c’est que récemment j’ai vu Spenser Confidential de Peter Berg sur Netflix, sorti en 2020. Peter Berg (pour lequel Mark Wahlberg a tourné 3 ou 4 autres films) est habitué à la nouvelle mode des comédies d’action. Il s’agit souvent de films un peu loufoques présentant des situations peu crédibles dans lesquelles les acteurs principaux partagent l’affiche avec un acolyte et se retrouvent au milieu d’un quiproquo. En 2008, un film d’action absurde sur la vie d’un super-héros alcoolique était sorti sur les écrans, réalisé par Peter Berg, choquant une grande partie du public : l’original mais problématique Hancock avec Will Smith et Charlize Theron (2008). Il a aussi réalisé le très étrangement parodique Battleship avec Rihanna dedans en 2012, récoltant une flopée de mauvaises critiques. Spenser Confidential ne déroge pas à la règle de la comédie d’action au script invraisemblable. Mark Whalberg y joue un flic ayant fait de la prison pendant cinq ans, car des policiers véreux avaient tenté de le faire taire sur une affaire de corruption. Bien entendu, le long métrage reprend tous les poncifs du genre qui fonctionnent bien : le flic en attente de rédemption et seul au monde à croire sa version de l’histoire, le buddy (acolyte) noir, Boston la ville de tous les flics corrompus et de la mafia irlandaise (ville favorisée par Martin Scorsese) et la femme colérique et hystérique. Bref. Si le tout est bien rodé et s’enchaîne correctement, le résultat est drôle mais fade et peu original.

Flic ripou à Boston

Il faut dire que Mark Walhberg a déjà tâté de la flicaillerie et de la racaille de Boston. On l’a vu ainsi dans Les Infiltrés de Martin Scorsese (un très très bon cru) et dans Traque à Boston de Peter Berg, dans lequel il joue un flic assistant à l’attaque lors du marathon de Boston en 2013. C’est qu’il a probablement une tête d’Irlandais à mi-chemin entre le policier baraqué et l’enquêteur chevronné, pas contre un petit verre au bar et pas contre une baston à la sortie du dit bar.

Truanderie et autres buddy movies

Wahlberg a souvent été choisi pour jouer les gentils-méchants, que ce soit dans Braquage à l’italienne avec le british Jason Statham, le bandit torse nu dans Crazy Night ou dans 2 Guns avec Denzel Washington, jouant les crapules sophistiquées mais pas trop autour de grosses cylindrées. Il est parfait dans les duos ébouriffants et mal assortis avec Will Ferrell dans Very Bad Cops (Adam McKay) et Very bad Dads.

C’est quelquefois dans des duos White/Black que l’acteur se révèle. Tour à tour partenaire de Denzel Washington (l’un des acteurs noirs les mieux payés de Hollywood), puis de Winston Duke, mais aussi de Kevin Hart dans Me time : Enfin seul ? (sortie fin août 2022), il interprète le « gars » plus violent et irrationnel que l’autre gars : le gars lourdinque, le mec craignoss… le cheveu gras mi long, parfois mal rasé, à moitié nu dans la plupart des films.

Entre l’image du père et du beauf

À travers cette dérision et ce sens parodique, on le retrouve dans des films comiques tels que Very Bad Dads avec Will Ferrell dans lequel il joue Dusty, un père beauf (moto, bière, c*uille, cuir, et biceps) face à Will Ferrell, le père coincé, ainsi que dans Apprentis parents (où il joue un père adoptif dans un très beau film familial sur la résilience et l’acceptation) ou dans Ted 1 et Ted 2 (comédies hilarantes dans la veine beaufe du cinéma américain de Seth MacFarlane, à qui on doit American Dad!). Mark Whalberg a finalement su tirer son épingle du jeu et sortir de son rôle monocorde de Transformers de Michael Bay (2014 et 2017) et d’autres films d’action répétitifs. Même si cela reste le milieu dans lequel il a été révélé…

De l’action pure et dure

Car entre temps, Mark Wahlberg fait du Jason Statham et tourne Shooter tireur d’élite, No Pain No Gain de Michael Bay ou Max Payne de John Moore. Des films d’action pure et dure qui ne demande pas beaucoup de neurones mais qui requièrent une certaine maîtrise à la réalisation. Il est aussi la tête d’affiche des Transformers, blockbusters testostéronés, adaptations des célèbres jouets. Si les scénarii ne tiennent pas debout, il faut dire que Michael Bay envoie du lourd et que les amateurs de gros camions, d’huiles de vidange et de gros muscles (et de belles plastiques) sont servis. J’ai moi-même apprécié les films pour ce qu’ils étaient, même si je dois reconnaître que c’est assez lassant à la longue.

Quelques films d’auteurs ?

C’est par sa noirceur et sa grossièreté qu’il reçut des prix (dont une nomination à l’oscar du meilleur second rôle) pour le film Les Infiltrés de Martin Scorsese dans le rôle d’un sergent énervé. Il joue aussi dans des drames comme Invincible (drame sportif) et The Yards ou La nuit nous appartient, deux films de James Gray en 2000 et 2007. On le retrouve également dans le très beau Lovely Bones de Peter Jackson, projet plus intimiste dans lequel un père tente de retrouver l’assassin de sa fille, qui l’observe du paradis où elle a atterri.

Mark Whalberg fait partie de ces acteurs dont le charisme n’a pas grande importance mais le physique en a beaucoup… ce qui est forcément différent. Pour s’extirper de cette masculinité presqu’étouffante et parfois toxique, Wahlberg joue sur la jauge de la virilité maltraitée en se parant de l’image du père dépassé dans Apprentis Parents ou du mec rejeté et en crise dans Ted. Il joue également à « qui est le plus gros kéké » en duo avec l’élite de la comédie américaine, Will Ferrell, cherchant à ridiculiser la course à la masculinité.

En se moquant de lui-même, il parvient à ne pas ressembler aux ennuyeux Jason Statham ou Liam Neeson (dans leurs mauvais jours) et à entrer dans le palmarès des comiques à gros bras du divertissement à la manière de Dwayne Johnson ou des rôles décontractés à la Chris Pratt (le sourcil légèrement froncé mais à l’air drôle quand même…) dans des films qui se laissent regarder malgré d’inévitables clichés hollywoodiens. Cette capacité à se renouveler le rend terriblement sympathique, néanmoins assez interchangeable.

Le prochain épisode sera justement « Les films d’action avec Dwayne Johnson dedans ». Je réfléchis à la suite…

Tassa, spécialiste films d’action en tous genres.

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