Relecture impromptue: La Chartreuse de Parme de Stendhal

Relecture impromptue.
La Chartreuse de Parme de Stendhal, écrit-dicté en cinquante deux jours.

On disait de lui au XIXe siècle qu’il écrivait mal, qu’il avait un de ces styles malaimables et vulgaires parce que justement Stendhal décrivait les sentiments de manière réaliste sans jamais chercher à les enjoliver ou à les dissimuler derrière un masque de pudeur.

Stendhal et moi

Chez Stendhal, on trouve des élans réalistes intéressants, comme ces moments où Fabrice, le protagoniste, décide d’aller faire la guerre (il n’a pas encore 18 ans) et que la guerre y est dépeinte de façon à ternir l’honneur que les hommes avaient à se rendre sur les champs de bataille. Forme brute de la désillusion. Qu’il porte à son apogée pour y conter des histoires de cœur désenchantées.

Et puis, il y a les femmes de Stendhal. Ce ne sont pas elles qui gravitent autour du personnage principal, ce sont les personnages masculins qui gravitent autour d’elles. Ils pavanenent puis s’effondrent.

On ne peut pas passer outre le caractère désuet des romances réalistes proposées par Stendhal. Il nous raconte comment, entre 1796 et les années 1830, les mœurs étaient complexes et altéraient toutes formes de relations affectives ou sociales, même dans la haute aristocratie.

Là où Julien Sorel dans Le Rouge et le Noir passait pour un type énervant, Fabrice est encore décrit comme quelqu’un qui ne lit pas, ne s’intéresse qu’à la guerre ou à la chasse. Ce qui fait le sel du roman, ce sont ses femmes, la remise en question de l’ordre social et la dérision étrange que Stendhal emprunte pour se jouer de la galanterie et de la bienséance de cette époque.

« Mérimée le dira très crûment à son ami ; ce qu’on ne lui pardonnera pas, « c’est d’avoir exposé à nu et au grand jour certaines plaies du cœur humain trop salopes pour être vues ». » (Mérimée, lettre de décembre 1830, dans Stendhal, Correspondance, Champion, 1997-1999, t. III, p. 526.) Par Pierre Laforgue, « Le mauvais ton de Stendhal », Recherches & Travaux, 74 | 2009, 171-179.

Moi j’aime beaucoup. Une dizaine d’années plus tard après ma première lecture, je suis toujours sous le charme des humeurs emportées puis lugubres de chaque personnage.

Signé Tassa

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