Les films avec Dwayne Johnson dedans [cinéma]

Comme promis, après avoir rédigé Les films avec Mark Wahlberg dedans [lien ici], je m’attaque à un autre gros bras du divertissement (parce que je ne suis pas sûre qu’on puisse appeler cela du cinéma, ou alors certains vont me tomber dessus !).

La filmographie de cet ancien champion de catch est déjà assez grande pour en faire une chronique complète. Petit tour d’horizon. (Comme la dernière fois, ce type de chronique est prétexte à parler du film d’action et particulièrement de la comédie d’action).

Des débuts musclés

Et c’est le moins que l’on puisse dire… D’abord footballeur (football américain) puis des dizaines de fois champion de catch à la World Wrestling Fondation, on peut dire que Dwayne Johnson est habitué à la mascarade et au grand spectacle. C’est pourtant assez timidement qu’il commence une carrière au cinéma, par quelques apparitions et caméos. En 2001, il obtient un rôle secondaire, celui du roi Scorpion dans Le retour de la momie de Stephen Sommers (film pour lequel il obtient la récompense du meilleur méchant aux Teen Choice Awards). C’est d’ailleurs dans ce rôle, cette fois rôle titre, qu’il entame réellement sa montée de la colline hollywoodienne avec Le Roi Scorpion dont le scénario de Stephen Sommers a été porté à l’écran par Chuck Russell. Le film, produit par la société de divertissement de la World Wrestling Fondation et Universal n’est pas un succès critique mais commercial. Johnson a désormais la stature d’un musclor auquel on peut confier une tête d’affiche, avec Bienvenue dans la jungle en 2003 de Peter Berg. Eh oui, entre Mark Wahlberg et The Rock (le surnom de Dwayne Johnson), le monde est sacrément petit.

Plus que des pecs, un sourire impecc’

C’est d’ailleurs le film de « jungle » ou celui de « papa sauveur » qui devient la figure archétypique de l’artiste Dwayne Johnson, pour qui le rôle de composition le plus élaboré reste celui de montrer ses muscles et son sourire au grand public. Il enchaînera ainsi d’autres films dans la même ambiance, entre films d’aventure et films qui parlent de la « famille » au sens large, ou films de malfrats et d’histoires de rédemption (Be cool en 2005, Rédemption en 2006). Entre 2004 et 2006, Dwayne Johnson essuie de nombreux échecs commerciaux. Il faut dire que le film d’action sérieux a fait son temps, avec les années 90, foisonnantes de trouvailles scénaristiques (Matrix, Terminator 2, les films avec Bruce Willis ou de John McTiernan). Le public est épuisé de voir la même recette au rabais et préfère applaudir ses idoles du passé.

Se sentant périmé au point de ne plus attirer de producteurs avec ses gros bras, Dwayne Johnson opère un changement brusque de registre. Il signe alors ce qu’on pourrait appeler le « tournant Disney » de The Rock et tourne désormais dans des comédies d’action ou d’aventure destinées à des publics d’enfants et d’adultes. On le voit ainsi en Maxi papa d’Andy Flickman pour Disney en 2007 puis dans La Montagne ensorcelée du même réalisateur et enfin dans Tooth Fairy peu connu en France mais véritable succès commercial aux États-Unis sur le thème du hockey sur glace.

Du second plan à l’incontournable

Force est de constater que son sourire l’amène sur un autre plan que celui des films à gros budget tout feu tout flamme. On lui confie désormais des rôles dans des longs métrages moins confidentiels, tels que dans Max la menace de Peter Segal (2008) avec des acteurs à la carrière internationale (Steve Carell et Anne Hathaway). C’est d’ailleurs encore une fois que le monde est petit puisque Dwayne Johnson trouve un rôle intéressant dans Very Bad Cops du génie de la comédie Adam McKay avec Will Ferrell et Mark Walhberg en 2010. C’est à partir de ce moment là qu’il prend conscience du potentiel comique de son image de marque, car quand on cite The Rock, c’est bien souvent pour se gausser de lui plutôt que pour louer sa personne. Il finit par choisir des films reconnus sur le plan international, et dont la caractéristique est de faire rire et de divertir (Fast and Furious 5 de Justin Lin en 2011 et Voyage au centre de la terre 2 : l’île mystérieuse en 2012 remplaçant à merveille un Brendan Fraser devenu ringard).

À chacun de ses retours au pur film d’action, Dwayne Johnson doit faire face à l’échec critique et commercial et même à des direct to DVD. En 2018, lorsqu’il tente un retour au sérieux du film d’action dans Skyscraper, son incarnation prend l’eau tout comme le scénario et la tour, dans laquelle il tourne, prennent feu… En s’appropriant des rôles stéréotypés durs mais tendres dans de grandes franchises, Johnson s’assure des succès sans trop de prise de risque (avec notamment Fast and Furious 6, 7, 8, et Baywatch : Alerte à Malibu de Seth Gordon, puis No Pain no Gain de Michael Bay, satire du film d’action, comme par hasard de nouveau avec Mark Wahlberg). C’est en se moquant de lui-même et de son physique qu’il parvient à se mettre les spectateurs dans la poche.

Son retour à la jungle, teinté de romantisme dans Jumanji : Bienvenue dans la jungle (que j’ai adoré en 2017 et Jumanji : Next Level en 2019 !) ainsi que dans Jungle Cruise en 2020, l’incite à poursuivre sur cette voie. Il prête sa voix grave à un Dieu dans Vaiana, le dessin animé de Pixar, retour à ses origines lointaines des îles Samoa, État indépendant de la Polynésie. Il se distingue tout de même de Mark Wahlberg puisqu’il n’essaie pas de jouer la carte du beauf à la Will Ferrell pour faire son autoportrait. Les duos qu’il interprète au cinéma ressemblent pourtant à ceux de Mark Wahlberg, avec des dynamiques comiques fortes basées sur les mêmes types de clichés/profils physiques et psychologiques (les comédies ou buddy movies tels qu’Agents presque secrets en 2016 avec Kevin Hart, Red Notice avec Ryan Reynolds de 2021).

Finalement, ayant trouvé son filon, The Rock continue d’enchaîner les succès, avec des rôles principaux auparavant convoités par des acteurs noirs ou issus de la diversité. On le retrouvera ainsi bientôt dans Black Adam de la franchise Shazam!. Critiqué parfois parce qu’il est choisi alors qu’il n’est pas assez noir et donc taxé de White washing, bien que d’Afro-ascendance, Dwayne Johnson divise et rassemble. Les 2 à la fois. Sa carrière est symptomatique des années 2000. Ces mêmes années qui doivent trancher avec le passé et des spectateurs lassés par les films d’action, ou les comédies trop niaises, afin d’offrir du divertissement toujours plus grandiose, en mode Netflix, usine à paillettes et à corps bodybuildés.

Cependant, il est certain que si aux États-Unis, son nom est cité un peu partout, il n’a pas la même posture cinématographique qu’un Will Smith ou même que Mark Whalberg. On ne le voit en effet dans aucun film plus « sérieux » ni d’auteur, comme si son physique le limitait à une perspective réduite du cinéma. Ce n’est peut-être tout simplement pas son projet…

Nous continuerons notre périple avec « Les films avec Matt Damon dedans ».

Signé Tassa

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