La Vie rêvée de Walter Mitty – chronique 2013 [cinéma] [repost]

Publié le 30 juin 2017 par Madame Tassa ici

Affiche du film

Voir la bande-annonce de La Vie rêvée de Walter Mitty

La Vie rêvée de Walter Mitty

Date de sortie : 1 janvier 2014 (France)

Réalisateur : Ben Stiller

Scénario : Steven Conrad

Avec: Ben Stiller, Kristen Wiig, Sean Penn

Synposis:

Walter Mitty est un homme ordinaire, enfermé dans son quotidien, qui n’ose s’évader qu’à travers des rêves à la fois drôles et extravagants. Mais confronté à une difficulté dans sa vie professionnelle, Walter doit trouver le courage de passer à l’action dans le monde réel. Il embarque alors dans un périple incroyable, pour vivre une aventure bien plus riche que tout ce qu’il aurait pu imaginer jusqu’ici. Et qui devrait changer sa vie à jamais. 

Ma critique :

J’ai adoré ce film. Je l’ai vu il y a longtemps et revu il y a peu, et je me suis dit que je devais en faire une petite chronique pour décrire mon coup de cœur.

Tout d’abord, si j’ai regardé le film, c’est parce que j’aime bien Ben Stiller, car je trouve qu’il a son propre univers, son propre humour et qu’il joue bien malgré son physique qui ne rentre pas dans les cases hollywoodiennes. Je l’avais apprécié dans Zoolander et Tonnerres sous les tropiques qui étaient de très bons films. Il est aussi l’acteur culte de Mary à tout prix, Polly et moi ou encore La Nuit au Musée.

Dans ce film, il a apporté un soin particulier aux détails et cela se voit. D’abord, le scénario est presque parfait. Ce pourrait être une petite histoire romantique sans prétention, pourtant l’histoire n’est en rien mièvre ni fleur bleue. Le scénario de Steven Conrad fait la part belle à la solitude des personnages, celle de Walter, inscrit sur un site de rencontres, celle de Cheryl, mère célibataire. Chaque personnage est bien traité avec sensibilité sans être trop caricatural. Le film ne verse pas dans la « guimauve » larmoyante, Ben Stiller signe un film où son visage hagard et perdu lui sert d’argument pour interroger la banalité. Il est le type « lambda » à qui la vie ne réussit pas trop… Il s’inscrit sur un site de rencontres pour pouvoir attirer l’attention d’une collègue et sa vie devient une gigantesque métaphore en boucle, criblée de clins d’œil (qu’on pourra juger maladroits ou non, personnellement j’ai adoré !). Il travaille ainsi pour une revue qui s’appelle Life, la vie.

Mais ce film raconte bien plus qu’une histoire d’amour. C’est l’histoire d’une maladresse, d’une timidité peut-être, d’un manque d’ambition dans la vie très sûrement. Walter Mitty rêve sa vie. Il est toujours dans la lune, tête en l’air, perdu dans ses pensées et le retour à la réalité est fréquemment assez brutal. Les points de vue choisis sont originaux : à travers des loupes, des négatifs de photos, des scènes rêvées (fantasmées aussi), des souvenirs, lors des scènes familiales…

Les instants d’immersion dans la vie rêvée de Walter sont inattendus et d’une puissante créativité. Les cascades et effets spéciaux s’intègrent bien à cet univers sage et lisse. Tout d’abord parce qu’ils sont filmés dans des endroits magnifiques, notamment l’Islande. Et ensuite pour les choix musicaux. Je ne cesse d’être hantée par la bande son de ce film. D’apparence classique, l’histoire de Walter Mitty empreinte aux différents genre du cinéma, en hommage très certainement (comme Tonnerre sous les tropiques ou La nuit au musée le faisaient déjà) à des œuvres d’action, de science-fiction et de la comédie.

Le long métrage n’est en rien ennuyeux. En effet, la vie rêvée de Walter rejoint vite la réalité, tout en s’enfonçant dans le mensonge. Walter finit par être entrainé dans une aventure réelle ou imaginée qui va changer sa vie et l’on ne sait jamais très bien ce qui tient du songe, du fantasme ou de la vraie vie. Cette frontière entre ce qui est vrai et faux ressemble à beaucoup d’autres films de ce type dont le très récent Everything everywhere all at once des Daniels, mais en beaucoup plus sage. La mise en scène est léchée et froide et la couleur n’arrive à briser cette glace que lorsque Walter s’enfuit dans sa bulle.

C’est aussi l’histoire émouvante d’un magazine de reportages qui se meurt, car le monde réel, moderne, le rattrape. C’est donc une sorte de satire de la vie moderne que Ben Stiller filme dans ce long métrage. Satire aussi d’une vie où l’on arrive plus à communiquer, ou seulement au travers d’applications de rencontres en ligne… Les premières scènes sont évidemment très belles, on y entend Ben Stiller être interrogé sur ce qu’il a fait d’intéressant dans sa vie, alors qu’au bureau il est si transparent que la femme qu’il aime ignore totalement qu’il existe. Ground control to major Tom, cette chanson de David Bowie résonne encore et encore dans mon esprit. Elle est forcément très adéquate dans ce film qui évoque un sujet quasi identique : le courage, et moins la métaphore du drogué que celui qui veut échapper à la réalité :

Son titre renvoie à celui du film de Stanley Kubrick 2001: A Space Odyssey, sorti l’année précédente. Elle raconte l’histoire d’un astronaute, le major Tom, sous la forme d’un dialogue entre ce dernier et sa tour de contrôle. Le décollage de son vaisseau se déroule à merveille, mais le major finit par disparaître dans les profondeurs de l’espace. Musicalement, elle se compose de plusieurs sections distinctes et se caractérise par l’utilisation du stylophone, un synthétiseur miniature, et du mellotron.

Wikipedia

Là où tout va trop vite, là où le cinéma déploie le tapis rouge à la débauche d’effets spéciaux, Ben Stiller signe une petite dramédie romantique, critique sociale émouvante et touchante qui laisse modestement comme un goût de voyage et d’aventures, en négatif (hommage à la photographie de grand reportage). J’ai apprécié la beauté simple des rencontres, des opportunités qu’offre la vie, car si l’on tombe sept fois, l’on se relève huit.

À voir.

Signé Tassa

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