Black Adam, le film de DC [cinéma]

Ça y est ! J’ai vu Black Adam, ce film dont on voyait la bande-annonce littéralement partout (mon arrêt de bus, à chaque publicité de Twitch et de YouTube et même à la télévision !)… Si les premières minutes furent assez moches à regarder (genre du Snyder réchauffé au micro-ondes, outch!), j’ai aimé ce film, malgré ses nombreux défauts… (j’suis bon public !) explications rapides ci-jointe dans cette chronique cinéma pas du tout expéditive :

Black Adam est un film de super-héros basé sur le personnage éponyme de DC Comics. C’est un peu la carte ultime de DC pour prétendre à la meilleure place de producteur de films de super-héros contre les studios Marvel. Adepte du film noir, avec Batman et Superman, DC renoue de plus en plus avec un esprit comics d’humour, en mélangeant les ingrédients d’un bon film d’action à ceux du film de super-héros. Après avoir sorti un Shazam! qui pour moi était plutôt raté, même si attendrissant, et plutôt orienté vers les enfants et jeunes adultes, Black Adam se tourne vers un public mixte : les plus jeunes mais aussi celles et ceux qui aiment les DC de base. Simple. Basique.

À ma grande surprise (non!), le long métrage met en vedette Dwayne « The Rock » Johnson, sur lequel j’ai écrit un article entier ici, et dans ce rôle titre, il a subi d’assez grosses transformations physiques en deux phases : la phase « bonjour je suis maigre et faible! » Et la phase « bonjour je suis le beau gosse super-héros musclor avec mon costume ».

Le début du film est sans subtilité et raconte l’origine de Black Adam sans qu’on en comprenne évidemment tous les tenants puisque l’objectif du film est de révéler petit à petit qui est vraiment Black Adam. Ce dernier est apparu pour la première fois dans les comics de DC en 1945 d’après les personnages de la plume de C.C. Beck. Il est l’antagoniste de Shazam, un personnage qui possède des pouvoirs magiques qui lui permettent de se transformer en un super-héros adulte lorsqu’il prononce le mot magique « Shazam! ». Black Adam, quant à lui, est un ancien esclave qui a acquis des pouvoirs similaires à ceux de Shazam par l’intermédiaire d’un enchantement magique donné à un enfant par les membres du cercle de sorciers et de sorcières de Shazam (on n’en dira pas plus). De ce fait, si je ne me trompe pas, son rôle est intéressant car il est souvent présenté comme un anti-héros, car bien qu’il soit puissant et immortel, il est également impitoyable et égoïste. C’est donc un anti-héros un peu redondant, puisqu’on nous a déjà habitués au côté sombre de The Dark Knight et à la dangereuse soif de justice du Superman-qui- ne-porte-plus-de-slip.

Dwayne Johnson a-t-il été un bon choix ?, sachant qu’ici je le décrivais comme pro du film de « « jungle » ou celui de « papa sauveur » qui devient la figure archétypique de l’artiste Dwayne Johnson, pour qui le rôle de composition le plus élaboré reste celui de montrer ses muscles et son sourire au grand public ». Son succès public ne fait pas de doute, à la fois beaucoup parodié mais aussi apprécié pour les stéréotypes qu’il charrie avec lui, Dwayne Johnson a récemment joué des personnages très connus dans des films tels que les Fast and Furious et les Jumanji (les reboots). Sa carrure est celle d’un type qui devait pouvoir endosser le costume de super-héros sans souci et a semblé être un choix naturel pour incarner Black Adam. Bien que sur les réseaux sociaux, la critique de White Washing n’a pas tardé à apparaître, certains arguant qu’il aurait fallu saisir l’occasion pour en faire un personnage avec une réelle ascendance africaine. Malgré tout, Dwayne Johnson est un choix qui reste fidèle au comic book dans lequel la peau du héros est parfois très blanchie.

Black Adam a été réalisé par Jaume Collet-Serra, qui avait déjà dirigé Johnson dans le passé dans le film Jungle Cruise dernièrement, ainsi que d’autres films à succès. Le scénario est écrit par Rory Haines et Sohrab Noshirvani, et respecte assez bien le style du comic book tout en ajoutant une touche d’humour que j’ai appréciée. Le casting est très diversifié, avec Aldis Hodge, Quintessa Swindell, Sarah Shahi, Marwan Kenzari et Bodhi Sabongui.

Le film se concentre en partie sur le parcours émotionnel de Black Adam, et introduit les membres de la Justice Society que je trouve être une introduction très réussie. Les effets spéciaux sont assez époustouflants. Comme je suis assez dégoûtée par la surdose d’effets consommée lors du visionnage des Avengers, ici on sent de belles propositions pour retranscrire à l’écran les super-pouvoirs des héros de la Justice Society. L’apparition de Pierce Brosnan, que je redoutais comme signe que le film allait être mauvais (rooo je suis mauvaise langue), est en fait assez sympathique dans son rôle de vieux sage rivalisant avec le Dr Strange des Marvel comics.

Il n’y a d’ailleurs pas de doute, DC se moque un peu du film de genre et des productions de Marvel. Dans ce film, Black Adam (l’air bourru comme Aquaman ou Hulk) ou bien l’un des personnages, Atom Smasher (grosse version d’Ant-Man masqué comme Deadpool), sont particulièrement maladroits. Dr Fate joué par Pierce Brosnan est un Dr Strange réfrigéré. Néanmoins, le film, qui repose entièrement sur les épaules de l’antagoniste de Shazam échoue à proposer un film original et sincère car lissé par la morale hollywoodienne voulant faire de chaque « villain« , un « gentil » qui se rachète une conduite ou trouve sa voix en sauvant la planète. Il fallait bien pour cela, ajouter femme et enfant à bord de l’aventure. Si cela rend le film attendrissant, il aurait pu en être autrement : le film est moins tapageur qu’il n’y paraît. Mais Dwayne Johnson, producteur exécutif, aura mis (peut-être) sa touche finale de « Papa sauveur » dans un film « familial ».

Si j’ai aimé Black Adam, c’est qu’on sent qu’il a été calibré comme un divertissement grand public. Jaume Collet-Serra n’est pas un réalisateur capable de mettre véritablement Black Adam devant ses propres contradictions, et en fait un super-héros qui, « comme un homme », a ses faiblesses, version clichée et décevante… Loin de proposer un Deadpool ou un supervillain du genre Joker ou Venom, DC livre un pendant dramatique au comique de Shazam! réalisé par David F. Sandberg (2019) avec Zachary Levi, fidèle au cahier des charges de DC dans sa gamme la plus médiocre des super-héros/vilains. BLACK ADAM est accessible à tous et à toutes. Je ne sais pas du tout si c’est un bon signe. Mais on passe un bon moment.

Signé Tassa

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